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Timid Boy nous a parlé de musique électronique

TIMID BOY 3

Quelques jours avant la soirée « Timid Boy Invite… » au Nouveau Casino, on a posé quelques questions à Damien Almira alias Timid Boy. Il nous en a dit un peu plus sur son concept de soirée, on est revenu sur son parcours musical et ses prochains projets.

– Tu peux te présenter brièvement pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Je compose et joue comme DJ sous le nom Timid Boy. Un pseudo que j’ai pris au début des années 2000. Prendre un pseudo, c’est se créer un personnage, j’aime cette idée-là. Timid Boy est un petit bonhomme avec beaucoup de caractère, complexe, fier, timide évidemment, un peu fou aussi, il ressemble au héros de la BD Calvin & Hobbes que j’adore. J’ai aussi voulu prendre un pseudo car j’exerçais comme journaliste en musique électronique (j’étais Rédac chef adjoint de Trax) et je tenais à séparer les deux activités pour des raisons déontologiques : ne pas laisser croire qu’un booking pourrait être échangé contre un article ou une faveur dans le magazine. Il m’arrivait souvent d’interviewer par email ou téléphone des artistes puis de jouer avec eux le week-end sans leur dire que j’étais le journaliste qui les avait questionné quelques jours avant !

– Tu as déjà joué dans cette salle ?
J’y ai joué pour la première fois au début des années 00. La musique électronique était moins populaire à Paris, le Nouveau Casino était un club précurseur du genre avec le Batofar, le Rex et quelques autres. Y avoir ma résidence Timid Boy Invite me tient spécialement à cœur, j’ai un affect particulier avec le Nouveau Casino, c’est l’un des premiers clubs où j’ai joué à Paris.

– On est à Paris une capitale culturelle. Tu as déjà joué un peu partout en Europe, Qu’est-ce qui pour toi, différencie Paris du reste ?
Paris est sans conteste la capitale de la musique électronique depuis quelques années. Le genre n’y a jamais été aussi populaire. Il y en a pour tous les gouts, âges, lieux, styles, ambiance… C’est vraiment une période géniale. Il faut en profiter, la musique est une historie de cycle. La musique électronique et Paris n’ont pas toujours aussi bien dansé ensemble. Il y a dix ans, entre l’essoufflement de la minimale et le boom d’Ed Banger, Paris était à la ramasse. Il faut garder ça en tête pour continuer à avancer de manière positive. Que ce soit en house, en micro-house, en tech house ou en techno, Paris regorge d’artistes talentueux, il faut en être fier et ne pas hésiter à le souligner.

Tu as été redac chef adjoint chez Trax, l’un des plus gros médias musicaux d’aujourd’hui. Comment tu arrivais à conjuguer ton taff chez trax et ton travail de dj ? Les deux prennent beaucoup de temps j’imagine.
Je n’ai pas eu de vie sociale pendant trois ans. La journée c’était Trax, le soir c’était la compo de mes tracks, le week end des gigs. Cela ne pouvait pas durer ainsi. Quand mon Rédac Chef Patrick Thévenin est parti, on m’a proposé sa place, mais j’ai préféré partir, c’était le moment, je ne pouvais plus correctement faire ces deux activités, il fallait choisir. J’ai une formation de musique classique – dix ans de piano – de jazz aussi. J’ai fait du conservatoire, j’ai eu des groupes de rock gamin, puis j’ai eu mes platines à 16 ans dans les années 90. Mes parents sont des grands mélomanes, j’ai grandi au son des Beach Boys, des Who ou de Pink Floyd sans oublier Brel, Brassens et pas mal de musique classique. Bref, la musique a toujours été autour de moi, c’est ma vraie passion. J’avais fait le tour du journalisme, il était temps de me lancer à fond dans cette passion.

D’ailleurs j’en profite pour souligner l’excellent travail de l’équipe actuelle de Trax. Et je ne peux m’empêcher d’en ressentir une petite fierté, puisque l’actuel boss qui a repris le magazine, Antoine Buffard, fut à l’époque mon stagiaire. Son équipe et lui font un super boulot.

– Le fait d’être DJ t’a servi en tant que redac chef adjoint ? Et inversement, le fait d’être rédac chef ta aidé en tant que DJ ?
Le fait d’être DJ, j’ai commencé il y a 20 ans dans ma chambre, chez ma mère, adolescent, m’a évidemment servi pour connaître cette musique, appréhender ce milieu, ses tendances, savoir en parler. L’inverse, non, j’ai pris un pseudo pour séparer les deux activités et ne pas tout brouiller. Ca m’a desservi parfois : certains, sachant que Timid Boy était Damien Almira, ne m’ont plus booké quand le service partenariat ne voulait pas d’un deal avec eux. Cela n’avait rien à voir avec moi, ni avec mon activité de DJ, mais bon, les gens espéraient qu’ils auraient des faveurs en me bookant et s’apercevant que ca ne marchait pas ils revenaient en arrière… C’est devenu beaucoup plus simple en arrêtant le journalisme.


– Tu reviens à Paris avec les soirées « Timid Boy invite… », Explique nous le concept même si c’est déjà assez explicite.
J’ai envie d’y inviter des artistes que j’aime, que j’adore écouter, sur lesquels j’adore danser, sans aucune autre considération. Du coup c’est éclectique et j’aime ça : tech house, micro house roumaine, pop house… La prochaine c’est le 14 mai avec un de mes DJ roumain préféré, Mihigh, boss du label Midi Records et pilier de l’incroyable festival Sunwaves, il jouera avec le trio Watermelon Band, un superbe trio français basé à Barcelone. Le 02 juillet ça sera un live du berlinois Aquarius Heaven, petit protégé de DOP et artisan d’une pop house complètement folle, il jouera avec son ami Joshua Jesse, excellent résident des soirées Worst Case au Watergate et producteur sur Katermukke.

TIMID BOY 2

– On comprend donc que tu es quelqu’un qui aime recevoir. Du coup je me suis dit que chez toi ça devait être pareil. Donc quand tu reçois pour un repas, à quoi tu fais gaff par exemple ?
Alors je suis un gourmand mais un piètre cuisinier, pas mauvais, mais flémard, du coup j’avais créé un concept qui marchait plutôt bien avec mes amis : « je t’invite à diner c’est toi qui cuisine » ; il va falloir que je le refasse.

– La recette d’une bonne soirée pour toi ?
C’est une question de connexion entre divers éléments, il n’y pas de recette magique : esprit positif des orga et du club – un truc que le public ressent très vite – musique adaptée au lieu et au public… Parfois c’est le public qui porte la soirée, son enthousiasme est si fort que ca porte tout le reste. Il y a vraiment un échange fort entre le public et les artistes dans une bonne soirée : chacun se renvoie la balle, se motive… c’est vraiment génial quand ça se produit, ce sont des moments magiques, en dehors du temps.


– Parle-nous un peu de ton label « Times has Changed ».
Je le dirige avec Acumen et je suis très fier du chemin accompli depuis 2007, nous restons un label éclectique, entre deep house, tech house, avec de superbes artistes comme Mihai Popoviciu, Metodi Hristov, Oxia, Barem, Matthias Meyer, Marwan Sabb…

– Ton top 3 des pépites d’aujourd’hui dans ton style ?
*Lauren Lane “The Right Kind Of Weird” (Edible) : l’utilisation de la TB 303 y est parfaite : groove, chaleureuse, mélodique, c’est vraiment un tube pour moi, j’adore jouer ce track !

*Reform (IT) – The Clear Path (Original Mix) (Etruria Beat) : dans une registre plus techno, plus lourd, j’adore le clavier old school, la mélodie et le break féérique, plein d’émotion. Il y a un sentiment de nostalgie et une légère mélancolie qui me séduisent ici.

*Juliche Hernandez – The Havoc ‘Timid Boy Bubble Remix’ (Time Has Changed) :
Juliche est un de mes coups de cœur. Il a joué plusieurs fois au Nouveau Casino. Il a une patte groove et ensoleillée quelque part entre Apollonia et ses compatriotes Hanfry Martinez et Javier Carballo. Il s’agit de son premier EP sur mon label Time Has Changed. Il sort en mai et je me suis fait un plaisir de le remixer.

TIMID BOY 1

– Des sorties arrivent ? C’est quoi ton actualité ?
J’ai beaucoup de sorties à venir, le maxi « Take It » sur le légendaire label new-yorkais King Street, un remix de ShoSho sur le label Set About de la révélation Metodi Hristov, et enfin mon nouvel EP « Mozinor » le 30 mai sur Time Has Changed avec des remixes du Roumain Dubphone, de Davina Moss d’Hot Creation et de Juliche Hernandez !

 

Timid Boy Invite #3 le 14 mai au Nouveau Casino.

Gratuit avant 1 heure en inscrivant son nom sur le mur de l’event : www.facebook.com/events/1570734979920003/

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